mardi 8 juillet 2025

Un retour sur Carimas

Après plusieurs années de sevrage, l'année dernière, la communauté Caribéenne de Montréal a pu se rassembler et se célébrer aux des rythmes des sons de chez elle à travers Carimas. Une fête vibrante, qui s’est donnée pour mission de raviver l’esprit du Jump Up d’autrefois; cette tradition haute en couleur où troupes de danse, musiciens, DJ et personnes costumées défilaient sur Sainte-Catherine fièrement aux couleurs de leur pays. 

Malandren avec quelques personnes costumées, Carimas 2024


Quelques danseuses prises en photo par Malandren. Carimas 2024

Cette année marquait la deuxième édition, et elle semblait être très attendue car le public était au rendez-vous.

Récemment, j’évoquais mon envie de renouer avec la danse. Étrangement, c’est lors d'un vendredi matin que je suis tombée sur une publication du Centre Toussaint annonçant qu’il cherchait des danseuses pour le défilé de Carimas. L’appel du rythme a été plus fort que la peur. J’ai donc contacté Sly et me suis présentée à la répétition.

La tâche n’était pas mince : apprendre une chorégraphie en moins de 24 heures, la répéter, la danser en boucle et surtout, divertir le public pendant des heures. Mais Sly a su nous mettre à l’aise, prenant le temps de décortiquer chaque mouvement et de nous donner confiance pour la performance du lendemain. 

Nerveuse, je rejoins le groupe vers 11 h 30, près du camion qu’on devait accompagner. Avec les derniers ajustements faits, et les quelques consignes de dernière minute reçues, finalement la troupe de danse du Centre Toussaint était prête. Avec MC Pouna au micro, nous avons commencé à chauffer la foule, qui nous a aussitôt renvoyé son énergie. De là, le cortège pouvait s’élancer.

La Troupe de danse du Centre Toussaint, Carimas 2025




Des imprévus sont venus pimenter le parcours; il fallait s’y attendre.  Nous avons dansé la chorégraphie trois fois pendant le défilé : une première fois sur la chanson originale, puis deux fois en freestyle, dont une devant le jury. Au lieu de se morfondre, lorsque les haut-parleurs ont lâché, on n’a pas baissé les bras. Représentant Haïti jusqu'au bout, c'est avec ce qu'on avait, des sifflets, nos voix, et nos sourires, qu'on a gardé l’ambiance vivante, coûte que coûte. Quoique par moments, l'énergie a diminué, en résultat aux péripéties vécues, lorsqu'il fallait être enjouées, les danseuses ont su puiser en elles l'enthousiasme pour compléter le chemin.

Irène prise en photo par BeyondKadeemLens sur IG, Carimas 2025


Malandren prise en photo par BeyondKadeemLens sur IG. Carimas 2025


Une fois à la Place du Canada, qui marque la fin du parcours, nous sommes entrées et avions crié notre slogan national "l'union fait la force" pour réchauffer les gens. Nous avions performé la chorégraphie et mis le feu à chaque fois que c'était nécessaire. Les  performances d'artistes étaient bien, mais elles n'ont pas su capter l'attention du public. Une bande rara, du raboday, et du riddim auraient définitivement fait ça.

Durant les temps morts, je me suis promenée pour voir ce que les autres pays avaient fait. Ci-bas, vous verrez quelques masquerades.

Balance for our people, fait par Wayne Moore et Cocoyeah Possee, Carimas 2025

Dragon Dance créé par Andy Ramirez et Cocoyeah Possee. Carimas 2025.




La Troupe de danse du Centre Toussaint à Carimas 2025.

En somme, les Montréalais ont su profiter de la belle température du samedi 4 juillet en dansant aux sons des tambours, en voyant les couleurs vibrantes représentant les pays des Caraïbes et en étant divertis par les DJ et troupes de danse. Il y avait aussi kiosques qui offraient des produits et de la nourriture typiquement Caribéens pour rassasier la faim du public. C'est une deuxième édition, j'espère que ce ne sera pas la dernière. La participation active des Montréalais démontre la soif qu'ils avaient pour une opportunité similaire. Cela permettra aux nouvelles générations, immigrantes ou natives, de vivre ce que les 30 ans et plus ont vécu plus jeune. Je crois que c'est une opportunité pour tous les Caribéens de Montréal de s'assoir pour avoir une idée claire de ce que l'on veut portrayer et de savoir comment se rendre à cet objectif. Qui sait, peut-être que finalement, notre défilé sera aussi percutant pour la ville que Caribana, à Toronto. J'y crois fermement. Carimas 2025 était pour moi l'opportunité parfaite pour renouer avec mon amour pour la danse, car il s'est mélangé à celui pour ma culture. Il est si difficile pour nous qui sommes entre deux terres, de pouvoir s'épanouir en représentant la terre d'ailleurs ici. Je vous invite d'ailleurs à lire mon dernier article sur le sujet ici.

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